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 Francesco Manfredini (1680 1748)

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calbo
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MessageSujet: Francesco Manfredini (1680 1748)   Lun 16 Avr - 21:19

Parmi les compositeurs italiens de la génération qui suivi celle de Corelli, certains préférèrent se consacrer à la musique instrumentale plutôt qu'à la florissante production d'opéras, très en vogue à l'époque. Chez ces compositeurs, deux tendances apparurent: l'une conservatrice, fidèle aux formes instrumentales baroques fixées par Corelli; l'autre progressiste, bien décidée à modifier les formes traditionnelles et à développer les nouveaux modèles issus de l'école bolonaise (influencée par la musique de Giuseppe Torelli) et à l'école vénitienne, qui connut avec Antonio Vivaldi l'un de ses plus illustres représentants. Une telle opposition coexistait cependant chez de nombreux compositeurs, qui, souvent, adoptaient aussi bien la forme traditionnelle que la forme nouvelle, ne serait-ce que pour répondre aux désirs des exécutants. En règle générale, l'esprit d'innovation était d'abord sensible chez les musiciens qui travaillaient à l'étranger: tel fut le cas de Francesco Maria Manfredini. Ce violoniste et compositeur, longtemps lié à sa ville natale de Pistoia où il fut maître de chapelle de la cathédrale, développa une intense activité d'auteur de musique instrumentale et d'oratorios, écartant systématiquement de son répertoire toute tentative de genre mélodramatique: ce choix le plaça définitivement parmi les compositeurs de musique instrumentale pure, héritiers de la tradition baroque moyenne. C'est à Bologne que Manfredini reçut sa formation avec Torelli, se familiarisant ainsi avec la difficile écriture baroque, tâche d'autant plus ardue qu'à cette époque la réputation de Corelli demeurait intacte jusqu'à Rome. Jusqu'en 1711, Manfredini resta dans le milieu musical bolonais: il fut premier violon de l'Academia dello Spirito Santo de Ferrare et membre de la chapelle de S. Petronio et de l'Academia Filarmonica de Bologne, qui étaient les deux centres de la vie musicale de cette ville. En 1711 il se rendit à Munich, où il se mit au service de la chapelle musicale du duc Maximilien II; il y restera jusqu'en 1727. L'aspect le plus intéressant de la production de Manfredini avant son départ pour la Bavière tient dans la qualité de deux recueils: l'un publié en 1704 (concertini per camera e violino e violoncello o tiorba, op.1) et l'autre en 1709 (sinfonie da chiesa a due violini col basso per l'organo e una viola a beneplacito, con una Pastorale per il SS. Natale, op.2). Ces oeuvres, propres à la littérature musicale traditionnelle se caractérisent par deux points essentiels: d'une part, l'imprécision des indications, par exemple concertino ou sinfonia da chiesa, ne permet pas de désigner une forme établie (comme dans le cas de la sonate ou du concerto grosso); d'autre part, les formes musicales s'adaptent sans difficulté à la formation instrumentale choisie. A titre d'exemple, le concertino da camera et la sinfonia da chiesa chez Manfredini, comme chez tous les auteurs des XVIIè et XVIIIè siècles, ne reposent que sur la distinction entre da chiesa (d'église) et da camera ( de chambre) qui fait état des différents styles: le premier utilise un contrepoint savant, le second est plus simple et homophone. En outre, l'utilisation du terme concertino nécessiterait un effectif plus important que celui indiqué, qui se rapprocherait plutôt de la sonate pour violon et basse continue dans le style de Corelli. Ces concertini de Manfredini peuvent en fait être exécutés par deux instruments, comme on y est invité, ou bien par un instrument et une basse "réalisée" pour cordes ou deux sections de cordes. Ces mêmes observations sont également valables pour les Sinfonie da chiesa, traditionnelles dans le sens où elles se terminent par la Pastorale per il SS. Natale, qui précéda de quelques années la publication d'une Pastorale analogue de Corelli (éditée en 1714). En 1718, à Bologne, l'op. 3 de Manfredini vit le jour: il s'agissait des Concerti a due violini e basso continuo obligado, e due altri violini, viola e basso di rinforzo ad arbitrio, con una Pastorale il SS. Natale. Ces compositions sont en fait très éloignées des oeuvres précédentes: elles adoptent soudain la forme progressiste et moderne du concerto pour soliste, qui triomphait non seulement à Venise et en Italie, mais surtout à l'étranger, depuis la publication à Amsterdam en 1712 des concertos de l'Estro armorico d'Antonio Vivaldi. L'effet que provoqua cette édition fut retentissante, à telle enseigne que Jean-Sebastien Bach, à l'époque où Manfredini se trouvait à Munich, transcrivit six des concertos de l' œuvre de Vivaldi. D'autre part, l'Europe musicale et les pays germaniques en particulier avaient une prédilection pour le concerto avec soliste, le reconnaissant comme un véritable produit du génie italien. A Munich, Manfredini suivit la mode allemande pour la musique italienne et composa dans le style moderne: à ce propos, la comparaison entre les deux pastorales, éloignées dans le temps et dans le style, témoigne de l'évolution du musicien de Pistoia. On connaît mal ses autres compositions, hormis une édition posthume, publiée à Londres en 1764, des six Sonate per violino e violoncello con un basso per clavicembalo. Enfin, il faut rappeler que dans la capitale bavaroise, au cours du règne de Maximilien II (1679-1726), vivait un éminent musicien et homme politique, Agostino Steffani (1654-1728). Le musicien était entouré de musiciens italiens dans sa chapelle musicale: parmi les plus célèbres, l'organiste Pietro Torri, le compositeur Giuseppe Antonio Bernabei et le violoncelliste Evaristo Felice Dall' Abaco, Manferdini, tout comme ses compatriotes, Gasparini, Marcello, Montanari, Taglietti, Tessarini et Giuseppe Valentini appartint à ce que l'on appela le groupe des novateurs italiens.

source : http://membres.multimania.fr/musiqueclassique/compositeurs.htm

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Francesco Manfredini (1680 1748)
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