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 Claude Debussy (1862 1918)

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calbo
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MessageSujet: Claude Debussy (1862 1918)   Lun 16 Avr - 20:04

Etroitement lié aux poètes et aux peintres de son temps, il fut la plus grande figure de la musique après Wagner et a profondément influencé le caractère expérimental de la musique du XXè siècle. C'était le fils aîné d'une famille modeste d'origine bourguignonne. Son père, qui avait été soldat dans l'infanterie de marine, souhaitait que son fils devienne marin. Très jeune, Debussy fut protégé par un riche collectionneur, Achille Arosa, frère de Gustave Arosa, le protecteur de Gauguin. Dès l'âge de neuf ans environ, ses dons instinctifs furent découverts par la pianiste Antoinette-Flore Mauté, une pianiste accomplie, qui avait connu Chopin, et qui était la belle-mère de Verlaine. Comme il était doué pour la musique, il entra au Conservatoire à l'âge de 10 ans et suivit des cours de piano (où il n'obtiendra qu'un 2d prix), de solfège, d'harmonie, d'orgue et de composition avec Franck. Il donna des concerts en tant que soliste pour des mécènes et comme accompagnateur. Debussy rencontra Madame von Meck, la mécène de Tchaïkovsky et aura un contact avec le musicien en 1882. Il se présenta 2 fois au Prix de Rome qu'il obtiendra en 84 avec une cantate "L'Enfant prodigue", puis de 85 à 87, séjournera à Rome à la villa Médicis et envoie à Paris ses compositions qui feront scandale. Debussy fait partie des avant-gardistes; pas seulement en musique, mais aussi en peinture et en littérature. En 87, il rentra à Paris et commença alors pour lui, une vie de bohème: il fréquente les "mardis" de Mallarmé: il s'agissait de rencontres chaque soir et côtoyait Verlaine, Toulouse-Lautrec, Eugène Ysaye, André Gide, Paul Claudel, Paul Dukas. En 88-89, Debussy ira à Bayreuth afin d'écouter 'Parsifal", "Les Maîtres chanteurs" et en reviendra anti-wagnérien. En 89-90 il vivra à Paris, s'intéressera à Bali et à Java, et en reproduira les timbres au piano. Comme Chopin, "Claude de France" (comme on le nommait) avait conscience que les notes jouées au piano naissent d'une percussion, le choc du marteau sur les cordes, et que leur durée ne peut être qu'artificiellement prolongée. Son génie sut faire de ce défaut une qualité. Dans la musique de piano de Debussy les notes donnent l'impression non pas tant des notes elles-mêmes, que leurs harmoniques ou même d'autres sons, que l'on peut entendre mais seulement imaginer. Son écriture pianistique le montre extrêmement attentif à la nuance des couleurs qu'il s'agit d'obtenir du clavier, s'efforçant de réaliser de multiples façons de contrastes de registres. Ce monde nouveau de sons est à la fois complexe et ambigu. Ce n'est pas sans raison que Debussy déclarait aux pianistes jouant sa musique qu'ils devaient penser au piano comme d'un instrument sans marteaux. L'illusion était complète. Claude Debussy eut une fille qu'il prénomma Claude-Emma. Il fut également chef d'orchestre et critique musical et signait sous le nom de "Monsieur Croche", sorte d'alter ego inspiré de M. Teste inventé par Paul Valéry, fut pour un temps son porte-parole, dont la causticité n'épargnait aucun domaine de la vie musicale. En 1915, il subit une opération; sa santé déclina rapidement et mourut, d'un cancer, en 1918 à Paris pendant les jours les plus désespérés de la guerre.

1) Avant " Pélléas"
Debussy est un mélodiste généreux. Il sera sensible aux couleurs impressionnistes. C 'est l ' époque de ses premières oeuvres connues: Petites suites à 4 mains, 1889 La Demoiselle élue, 1893 L ' Après - midi d ' un faune, 1894 3 Nocturnes, 1892-1899 3 chansons de Bilitis, 1897

2) Pélléas et Mélisande ( 1902 ) est un aboutissement dans son écriture.C'est la seule oeuvre théâtrale de Debussy. Pélléas et Mélisande, d ' après Maeterlinck, va ouvrir le XXè S. musical. C'est la première oeuvre lyrique basée sur une pièce de théâtre, et pas sur un livret. Pélléas est avant tout le drame de l ' impuissance de l ' homme devant son destin.

3) Après Pélléas
a) Autres ouvrages scéniques :
Debussy tentera d ‘ autres ouvrages lyriques, mais aucun ne sera achevé: Rodrigue et Chimène, de Catulle Mendès Tristan, Joseph Bédier Le diable dans le beffroi, Edgar Poe La chute de la Maison Usher

b) Ballets :
Debussy a laissé 2 ballets inachevés: Khamma, 1912 La boîte à joujoux, 1913 Seul son ballet Jeux, commandé par Diaghilev et créé en 1913, sera représenté.

c) Musique de scène :
On lui doit qu'une seule oeuvre: Le Martyre de Saint Sébastien, sur un texte d ' Annunzio ( 1911).

d) Musique d ' orchestre :
3 grandes oeuvres dominent, chacune en 3 parties Trois Nocturnes, 1897 -1898 Nuages Fêtes et à Sirènes La Mer, " 3 esquisses symphoniques", 1904-1905 De l’a aube à midi sur la mer Jeu de vagues Dialogue du vent et de la mer 3 Images, 1906-1912 Rondes de printemps Gigues, Ibéria

e) Musique de chambre :
Debussy ne composera guère de musique de chambre. Citons: Danse sacrée et Danse profane, 1904 Syrinx, 1913 Sonate pour violoncelle et piano Sonate pour flûte, alto

f) Musique de piano :

Debussy aura 2 domaines de prédilections: le piano et la mélodie. Pour le piano, il est l’ auteur d' environ 80 pièces. Il cherche avant tout les différents timbres. Il adore superposer les plans sonores. Il invente une nouvelle manière d ‘écriture pianistique qui justifiera l' appellation d ‘impressionnisme musical: 2 Arabesques, 1888 Estampes, 1903 2 livres de 12 Préludes, 1910-1913 12 Etudes Children' s corner

g) Mélodies :
Debussy adore la voix, et surtout la voix de femme. Il écrira environ 60 pièces pour voix. Son choix quant aux poètes sera judicieux: Verlaine, Baudelaire,... 6 Ariettes oubliées, 1888 5 poèmes, 1887-1889 3 Proses lyriques, 1892-1893 3 Ballades de Villon 3 Chansons de France Il est également l’ auteur de 2 cantates: L’ Enfant prodigue, 1884 La Demoiselle élue, 1887-1889

h) Autres musiques vocales:
Choeur Printemps, 1882 Ode à la France, 1917

4) Ecrits littéraires.

Debussy sera également critique musical. Ses articles seront publiés sous le titre de Monsieur Croche, antidilettante.

Pélléas au coeur de la création musicale de Debussy:
Musicien du raffinement et du rêve, Claude Debussy a marqué l’histoire de la musique de son empreinte par une oeuvre singulièrement isolée voire solitaire. Créé en 1902, Pélléas et Mélisande, est le seul opéra réellement achevé du compositeur. Cette oeuvre connut une longue et difficile gestation qui dura près de 10 ans. Debussy fit connaissance avec la pièce de Maeterlinck en 1893 et demanda immédiatement à l’auteur belge l’autorisation de l’adopter. Le premier chef d’oeuvre de Debussy, Le Prélude à l’Après-Midi d’un Faune, créé en 1894 est également d’inspiration littéraire. Basé sur un poème de Mallarmé, la composition révèle une nouvelle “ façon de parler” en musique qui caractérisera toute l’oeuvre future de Debussy. Richesse rythmique, souplesse et liberté du phrasé, écriture orchestrale légère et raffinée, détachement des formes musicales que l’on retrouve déjà dans le Prélude et que Debussy exploitera, développera plus tard dans son opéra. Achevés en 1899, les trois Nocturnes ( Nuages, Fêtes, et Sirènes), constituent une autre pierre essentielle à l’édifice debussyste. Le musicien enrichit cette oeuvre pour orchestre et choeur de femmes du langage de l’univers pictural pour exprimer ses idées. Il parle en effet de sa création en termes d’”impressions”, de “poussières lumineuses orchestrales”, de “rythme total”, mots qui à l’époque devaient paraître d’une étonnante modernité. C’est bien de cette modernité, de ce renouvellement du langage musical et de la forme dont il est question dans Pélléas. Mieux que tout exégèse superflue, laissons à Debussy le soin de nous ouvrir à l’esthétique qui présida à la création de l’oeuvre: “Il faudrait chanter quand cela en vaut la peine et réserver les accents pathétiques. Il doit y avoir des différences dans l’énergie de l’expression. Il est nécessaire par endroit de peindre en camaïeu et de se contenter d’une grisaille... Rien ne doit ralentir la marche du drame: tout développement musical que les mots n’appellent pas est une faute (...)” En dépit de inimité profonde que Debussy voua dans les dernières années de sa vie à R. Wagner et du wagnérisme en général, l’auditeur averti ne pourra nier l’existence d’une certaine filiation entre Pélléas et certains opéras du maître de Bayreuth. D’une part en effet, Debussy adaptera à sa manière la technique wagnérienne de la continuité: pas de numéros séparés, d’airs, d’ensembles. Les scènes s’enchaînent sans interruption, reliées entre elles par des interludes instrumentaux permettant les changements de décors. D’autre part, Debussy empruntera à Wagner la technique du leitmotiv. Mais si Wagner use d’un matériel thématique relativement concis pour caractériser un personnage ou une situation ( parfois un simple accord suffit), Debussy va étoffer ce motif conducteur en le développant jusqu’à une succession voire un enchevêtrement de thèmes divers. La véritable invention debussyste réside dans le récitatif mélodique très respectueux du phrasé et de l’accentuation de la langue française. Le soucis du compositeur est d’avantage l’intelligibilité du texte que le paroxysme de la situation. Original au niveau harmonique, Debussy n’est pas moins novateur au niveau rythmique dans la mesure ou il combat l’uniformité: c’est la continuité qui paraît rompre la discontinuité et non pas l’inverse, élément extrêmement moderne encore une fois pour l’époque. Pélléas et Mélisande assura à Debussy la renommée et la gloire pour le restant de ses jours. Née dans le tumulte et la polémique, l’oeuvre consacra son auteur au rang de visionnaire et de génie. Dégagé des soucis matériels qui purent gêner son esprit créateur dans les premières années de sa vie, Debussy put se consacrer après 1902 entièrement à son art.

La période ultérieure de Pélléas
Vit la création d’oeuvres orchestrales d’importance: La Mer (1905), Images (1912), Jeux (ballet créé en 1913). C’est aussi après 1902 que furent composées les plus belles pages pour piano du répertoire: Images pour piano ( 1905 et 1908), Childeren’s Corner (1905), les remarquables Préludes (1909-1912) où Debussy fait preuve d’une audacieuse richesse harmonique. La musique de chambre tiendra une place incontournable dans l’activité créatrice à la fin de la vie du compositeur. Il composa entre autres une sonate pour flûte, alto et harpe où il fait preuve d’une grande subtilité sonore ainsi que deux sonates respectivement pour piano et violon et piano et violoncelle encore fréquemment jouées de nos jours. Debussy meurt en 1918 laissant derrière lui une oeuvre foisonnante d’inventions, de légèreté, de non-conformisme. Si Pélléas apparaît aujourd’hui comme une oeuvre clé de l’histoire musicale, elle est aussi une formidable invitation au voyage (!) dans l’univers musical de Debussy.

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MessageSujet: Re: Claude Debussy (1862 1918)   Lun 16 Avr - 20:04

Ses oeuvres:

1) Musique instrumentale:

Pour piano:
2 livres de préludes, childeren’s corner Estampes: Pagodes, Soirée dans Grenade, Jardins sous la pluie. Images II: Cloches à travers les feuilles, Et la lune descend sur le temple qui fut, Poissons d’or. Etc... Pour piano à 4 mains: Epigraphes antiques: Pour invoquer Pan, etc..

Musique de chambre:
1 sonate pour fl, alto, harpe, Syrinx pour fl. seule, Rapsodie pour saxo et p. 1 quatuor à cordes.

Musique d’orchestre:
La Mer, Prélude à l’après-midi d’un faune, Images, Danse sacrée et Danse profane. Il devient plus sobre dans sa forme orchestrale, mais pas dans la composition orchestrale et affine son écriture.

2) Musique vocale
Ariettes oubliées (textes de Verlaine) , 5 poèmes de Baudelaire, Fêtes galantes, etc... Debussy emploie des modes anciens, des gammes exotiques: pentatonique, des tons entiers. Musique théâtrale: Pélléas et Mélisande (aboutissement de son écriture), Ballets: 2 ballets inachevés: Khamma La Boîte à joujoux

Seul son ballet Jeux, commandé par Diaghilev et créé en 1913, sera représenté.

Du point de vue esthétique:
Très impressionniste, il emploie des éléments qu’il traduit dans les titres, qui sont aussi liés à la peinture et à la littérature.

Son apport:

Forme: Il rejette les formes classiques, recherche des libertés. Oppositions dans les nuances, les densités, dans les registres.

Du point de vue harmonie: Se libère progressivement de la tonalité, juxtapose des agrégats autonomes.

Du point de vue rythmique: Nouvelles cellules rythmiques tout en gardant l’assymétrie.

source : htp://membres.multimania.fr/musiqueclassique/compositeurs.htm

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