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 Céphale et Procris, (Grétry 1773)

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MessageSujet: Céphale et Procris, (Grétry 1773)   Ven 27 Nov - 14:16

"Céphale et Procris" ou "L'Amour conjugal" est un ballet héroïque en trois actes, sur un livret de JeanFrançois Marmontel.
Créé à l'Opéra royal du château de Versailles le 30 décembre 1773, il fut présenté pour la première fois au public, à l'Académie royale de musique, le 2 mai 1775.

L'argument tiré des 'Métamorphoses' de l'auteur antique Ovide :
Céphale et Procris sont un couple d'amants de la mythologie grecque. Ils ont pour fils Arcésios, roi d'Ithaque.
Céphale, prince thessalien, fils de Déion et de Diomédé avait épousé Procris, une des filles d'Érechthée, roi d'Athènes. Elle était d'une beauté remarquable. Il inspira une vive passion à Éos (l'Aurore) ; celle-ci, pour le détacher de Procris, l'engagea à éprouver la fidélité de son épouse. Dans ce but, il s'introduisit près d'elle, caché sous un déguisement : ayant réussi à la séduire, il la chassa de sa présence. Procris, honteuse, s'enfuit en Crète où Artémis lui fit don d'un chien et d'un javelot magique. Plus tard Procris revint dans ses foyers sous l'aspect d'une séduisante jeune fille qui s'offrit l'amour de Céphale en échange des cadeaux de la déesse. Céphale accepta et Procris se fit alors reconnaître.
Les deux époux se réconcilèrent donc. La jalousie cependant étreignait le cœur de Procris qui pensait que son époux rejoignait Éos lors de ses parties de chasse. Une nuit, elle le suivit donc en cachette. Par mégarde elle remua une branche. Pensant qu'un gibier se cachait derrière le feuillage Céphale lança son javelot et perça le corps de sa chère Procris ; désespéré par cette mort, il se tua avec le même javelot. (il faut noter que la finale de l'opéra est nettement moins tragique !)

Les interprètes
Céphale, basse-taille
Procris, dessus
Aurore, dessus
Palès/La Jalousie, dessus
Flore, dessus
L'Amour, dessus


Dernière édition par Bel Canto le Ven 22 Jan - 23:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Céphale et Procris, (Grétry 1773)   Ven 27 Nov - 14:17

Il aura suffit à Grétry de quelques années seulement pour devenir l’une des personnalités les plus en vue du monde musical français. Les succès accumulés à la suite de son premier opéra-comique ‘Le Huron’ (1769), lui valent l’estime et l’attachement personnel de la Dauphine. La Cour lui ouvre alors ses portes ; plusieurs de ses ouvrages y sont joués consécutivement. 1773 sera l’année de la consécration officielle : le Versailles de Louis XV lui passe commande d’une œuvre de circonstance ambitieuse : Céphale et Procris.

Cette œuvre de Grétry, qui passe pour l’une des plus conservatrices de l’auteur, est en fait l’une des plus modernes de celles jouées à la cour de France en son temps … Si le sujet n’en est pas neuf et répond en tous points aux attentes du public d’alors en terme d’actions galantes et de spectaculaire. Céphale et Procris se détache surtout de son époque par sa forme, dont le poète Marmontel revendique l’originalité : il s’agit selon lui de la première tentative pour « concilier le merveilleux et le spectacle de l’Opéra français, avec la coupe des airs, des duos, du récitatif obligé, et des ensembles à l’italienne ; et à titre d’essai, il obtiendra peut-être l’indulgence que l’on accorde aux nouveautés qui ont pour objet d’étendre la sphère des arts ». (préface du livret)

Céphale et Procris apparaît donc comme une contribution importante au renouvellement du répertoire lyrique français, bien en prise avec son temps, quelques mois avant l’arrivée de Gluck à Paris. L’originalité de la coupe poétique – et ses incidences sur la musique – n’est pas une vue de l’esprit que Marmontel revendiquerait inutilement. Bien au contraire, Céphale et Procris respire un air de nouveauté que seul le fond du sujet estompe partiellement. C’est avant tout du côté du récitatif que réside la principale singularité de l’ouvrage : la presse du temps estime d’ailleurs celui-ci « si vrai, si facile, si naturel, si analogue à l’accent de la langue, qu’il semble n’être que la parole embellie, anoblie et plus sensible encore que la simple déclamation. » Alors que Grétry opte, dans les récitatifs, pour une écriture dépouillée – à la façon du ‘recitativo secco’ italien – il prend grand soin de donner à chaque numéro musical un caractère tranché propre à peindre les sentiments et les situations. De manière plus générale, il cherche surtout à caractériser les pesonnages par un style qui lui est propre : « comme tout ce que chante l’Aurore a de grâce, de fraîcheur, d’élégance ; que les chants de Céphale conviennent bien à un chasseur, à un amant fier et passionné ; que Procris est tendre, douce et sensible dans l’expression de son amour, de ses plaintes et de sa douleur ! La Jalousie ne s’est jamais fait entendre avec plus de force et d’énergie », note ainsi le chroniqueur du ‘Mercure de France’.

En mai 1775, Céphale et Procris n’eut que 12 représentations. Cette réception mitigée s’explique avant tout par un événement qui devait faire figure de révolution dans le monde du théâtre lyrique : le 19 avril 1774, Gluck avait fait créer son Iphigénie en Aulide, suivie presque aussitôt par Orphée et Euridice, éclipsant toutes les autres productions de la saison.
L’ouvrage de Grétry ne fut repris que le 23 mai 1777, avec quelques modifications goûtées du public : 26 représentations eurent alors lieu, accueillies avec un succès plus marqué.

Extraits d’une analyse de Benoît Dratwicki, directeur artistique du Centre de Musique Baroque de Versailles – livret de la représentation au Philarmonique de Liège, novembre 2009
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MessageSujet: Re: Céphale et Procris, (Grétry 1773)   Ven 27 Nov - 14:18

A ma connaissance, il n'existe malheureusement pas d'intégrale de cet opéra - on se demande d'ailleurs bien pourquoi ??? Rolling Eyes

Deux CD en reprenant des extraits :



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calbo
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MessageSujet: Re: Céphale et Procris, (Grétry 1773)   Ven 27 Nov - 14:40

Parce que, hélas, Grétry n'est pas un compositeur très connu. Alors, si l'on suit le raisonnement des maisons d'éditions, pourquoi prendre des "risques" pour des ventes dont on est pas certain? c'est grand dommage car sa musique est plaisante à écouter

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MessageSujet: Re: Céphale et Procris, (Grétry 1773)   Ven 27 Nov - 18:59

calbo a écrit:
Parce que, hélas, Grétry n'est pas un compositeur très connu. Alors, si l'on suit le raisonnement des maisons d'éditions, pourquoi prendre des "risques" pour des ventes dont on est pas certain? c'est grand dommage car sa musique est plaisante à écouter

Je n'avais pas vu ta réponse avant de poster dans le sujet consacré à Sophie Kartäuser ... je suis tout à fait d'accord avec toi et c'est bien triste car il n'y a pas que les compositeurs qui sont mis de côté car moins connus, c'est aussi vrai pour les interprètes malheureusement !
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MessageSujet: Re: Céphale et Procris, (Grétry 1773)   

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