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 L'intermezzo

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MessageSujet: L'intermezzo   Dim 21 Oct - 19:34

Les intermezzi, genre très en vogue du XVIème au XVIIIème siècle, étaient des divertissements légers destinés à être joués entre les actes d'un spectacle - comédie ou tragédie.
En se concentrant sur l'essentiel - la situation comique, le jeu d'acteur, le chant - certains compositeurs ont fait montre d'une imagination et d'un talent incontestables. S'il n'y a pas d'emballage, le cadeau doit être de valeur ...
C'est ainsi qu'ont vu le jour quelques perles de raffinement et de drôlerie, pour la plupart jamais jouées aujourd'hui, car leur durée ne correspond pas aux canons du spectacle actuel. La solution pour les redécouvrir consiste dès lors à les regrouper au cours d'une même soirée, à la manière des soirées de projection de courts-métrages au cinéma.

source : programme "3 Intermezzi", septembre 2007, ORW à Liège.
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MessageSujet: Re: L'intermezzo   Dim 21 Oct - 19:39

Il Giocatore, Luigi Cherubini.

Dans le catalogue écrit de sa main - en français - Cherubini mentionne parmi les oeuvres exécutées à Florence en 1775 un "intermezzo intitulé "Il Giocatore", composé à Florence pour un théâtre de société". On n'a jamais retrouvé d'autre indication sur les lieux et dates précis d'exécution, mais l'essentiel est qu'il s'agit là d'une oeuvre d'un jeune musicien de quinze ans ! Et c'est déjà un opéra tellement abouti dans sa forme et dans son sens théâtral et mélodique ... Cet intermezzo utilise le même livret de Antonio Salvi, qu'un intermezzo de Giuseppe Maria Orlandi qui avait été joué septante ans auparavant dans toute l'Europe sous le titre "Serpilla et Bacocco, ou le mari joueur et la femme bigote", dont le génie est loin d'égaler la partition de Cherubini.

L'histoire.
Bacocco, qui est un joueur invétéré a, une fois encore, tout perdu au jeu. Penaud, il rentre chez lui, où l'attend Serpilla, sa femme, qui n'en peut plus de supporter son vice. Pour éviter son courroux, il lui prétend qu'il fait partie d'un groupe philantropique et que, s'il n'a plus rien, c'est qu'il a tout donné à des miséreux. Un jeu de cartes oublié le trahit cependant, et Serpilla, hors d'elle, annonce qu'elle demande le divorce.
Un peu plus tard, on retrouve Bacocco devant le tribunal. Par des relations, il en a obtenu la clef, et se travestit en juge pour recevoir les plaintes de Serpilla. Celle-ci arrive et dresse de son mari un portrait tel que le juge fulmine de rage. En fin de compte, il promet à la plaignante de lui accorder le divorce, si elle consent à devenir sa maîtresse. Serpilla accepte le chantage. A ce moment, Bacocco se démasque et hurle de rage contre elle, la traitant de tous les noms.
Plus tard encore, Serpilla erre dans les rues. Elle a été chassée du domicile conjugal, mais a emporté avec elle tous les biens qui leur restaient. Elle croise son ex-mari : celui-ci, toujours furieux, a la ferme intention de la transpercer de son épée. Serpilla admet ses torts, mais avant de mourir, veut, pour sa défense, rappeler à Bacocco les moments heureux qu'ils vécurent ensemble. Elle y réussit tellement bien que la fureur de Bacocco fond comme neige au soleil, et que les époux se réconcilient.

source : programme "3 Intermezzi", septembre 2007, ORW à Liège.
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joachim

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MessageSujet: Re: L'intermezzo   Lun 22 Oct - 18:16

Et même La Serva Padrone de Pergolèse est un intermezzo dont les deux actes devaient s'intercaler entre ceux du Prigioner Superbo, un "dramma per musica" (également de Pergolese).


Tu nous parles un plus d'Il Maestro di Capella, Bel Canto ?
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Papagena
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MessageSujet: Re: L'intermezzo   Mar 23 Oct - 1:40

Il maestro di Cappella Domenico Cimarosa
Il maestro di cappella est une longue scène pour un seul chanteur(baryton basse). C'est - à la limite- une aria de longue durée. les deux premier tiers de la pièce sont un récitatif accompagné où l'interprète annonce qu'il chantera bientôt un air de sa composition, un air, selon lui "sublime, d'un style nouveau, mais à la manière des anciens maîtres". Une vision quelque peu utopique et paradoxale de ses ambitions. Naturellement, ce récitatif accompagné est une mise en abyme, puisque le chanteur est censé donner , en direct, des indications aux musiciens qui le suivent... ou ne le suivent pas. On attend avec impatience qu'il chante l'air proprement dit, ce qu'il finira par faire. Ca durera très exactement 24 mesures, puis il s'interrompt pour continuer à donner ses instructions aux divers pupitres instrumentaux. Il reprendra, un peu plus loin, douze mesures de son air, identiques à celles déjà entendues, puis s'interrompera encore. Alors que la scène de 20 minutes est bâtie comme une longue aria, la partie "aria" proprement dite se réduit donc à 24 mesures , un bien bref et decevantaperçu de ce qui aurait dû être une oeuvre sublime!
Ceci dit, en guise de consolation, la conclusion de l'oeuvre, d'une longueur équivalente, est elle aussi en forme d'aria. Le chanteur y fait ses adieux provisoires aux musiciens, les remerciant pour leur colaboration et leur promettant monts et merveilles à la prochaine répétition.
Source : programme de l'orw
Histoire
Nous sommes dans une répétition d'orchestre. Le maestro di cappella arrive et annonce aux musiciens qu'il va interpréter un air sublime. Tous les musiciens seront sollicités pour cette entreprise et doivent donner le meilleur d'eux-mêmes. Le maître de chapelle donne leurs traits aux violons, aux hautbois, aux cors... Les alti, les flûtes, et surtout les contrebasses lui donnent du fil à retordre. Rien ne va comme il l'entend, et il supplie à genoux d'y mettre un peu d'eux-mêmes. Il reprend depuis le début; ça va déjà mieux. Très content à présent, il est sûr de marquer l'histoire de la musique avec sa composition. Il entonne maintenant l'air proprement dit, mais très vite, s'arrête pour fustiger certains musiciens: ce qu'il entend ne lui convient pas. Le ton monte, et il finit par reporter à un autre jour la suite de la répétition. Il promet qu'ils travailleront alors un Andante, un Allegro, et un Presto qui seront stupéfiants de beauté.
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MessageSujet: Re: L'intermezzo   Mer 24 Oct - 16:58

La Zingara, Rinaldo da Capua

Cet intermède de Rinaldo, l'une des six pièces de lui qui ont été préservées intégralement, a d'abord été connu dans sa version française. En effet, les "Bouffons" ont donné cette pièce à Paris en 1753. Elle a donc constitué un argument dans la fameuse "querelle des Bouffons" qui opposa dans ces années-là, en France, les partisans du style de l'opéra buffa italien - derrière Jean-Jacques Rousseau - à ceux de la tragédie lyrique française - derrière Jean-Philippe Rameau. La version italienne de la pièce a été retrouvée à posteriori.

Histoire
La Zingara est construite en deux actes. Chacun des actes correspond, comme c'était la règle à l'époque classique, à une étape dramatique.
Dans le premier, le stratagème par lequel Nisa et Tagliaborse vont piéger le riche Calcante se met en place. En usant d'un déguisement pour Tagliaborse (l'ours), ils vont réussir à lui subtiliser sa bourse, bien achalandée. Mais ce n'est pas tout : Nisa a réussi à séduire le vieillard, et à assurer ainsi les bases de la deuxième partie de son plan. Ce qui va se produire dans le deuxième acte, celui de la consolation de Calcante. Usant de ses charmes, et d'un second déguisement de Tagliaborse (le mage), elle va rendre à Calcante son argent, mais en obtenant en échange de l'épouser.

Le déroulement dramatique est donc simple, et la structure musicale suit celui-ci de près. Le personnage de Nisa est incontestablement au centre de l'action : elle organise tout, et ne quitte pratiquement jamais la scène, sauf pour laisser Calcante seul à deux reprises dans son désespoir. Dans le premier acte, il est assez remarquable que l'alternance des récitatifs et des airs ou duos ne met jamais Tagliaborse en rapport direct avec Calcante. C'est Nisa qui fait office d'intermédiaire. On n'a, ainsi, que des récitatifs Nisa/Tagliaborse ou Nisa/Calcante, des duos avec les mêmes personnages, ou des airs. Dans la deuxième partie, cette situation change à partir du déguisement de Tagliaborse en mage : les récitatifs vont dès lors inclure les trois protagonistes, et la pièce va naturellement conduire à un trio en guise de finale. Entretemps, il y aura une surprise scénique et musicale avec l'arrivée des choeurs - tout à fait dans le style de l'époque - qui viennent brusquement envahir la scène et changer le rapport au nombre d'acteurs. Leur simple présence crée un effet d'élargissement qui trahit les règles de légèreté auxquelles on a été habitué jusqu'alors et contribue ainsi au "happy end".

source : programme "3 Intermezzi", septembre 2007, ORW à Liège.
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